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01-2 Mes modèles actuels en HO

Charles de Gaulle, message d’honneur et de volonté transposé au 1:87

Charles de Gaulle (1890 – 1970)
Inutile, je pense, de présenter le personnage du Connétable.
La simple juxtaposition de son grade militaire et de son patronyme à la consonnance si française suffit à provoquer un geyser d’images et de connotations.
Même en lui reconnaissant un certain conservatisme, bien malin qui pourra trancher définitivement quant au positionnement de Charles de Gaulle à gauche ou à droite de l’échiquier politique, et pourtant son message de maintien de la souveraineté nationale résonne fortement même et surtout dans la situation géopolitique actuelle.
Il a été transposé au 1:87 depuis longtemps sous la forme de figurines.
Entre les deux photos ci-contre, une certaine idée de la France…
Ma transposition consiste à « prendre modèle » sur sa ténacité et sa volonté farouche de transmettre un message même s’il n’est pas, ou pas encore, dans l’air du temps, et terminer la démarche commencée de longue avec ce Guide du militant pour la roue juste.
Photo de gauche : De Gaulle et Lebrun en 1939, Wikipedia
Photo de droite : un Sherman de la 2ème DB à la gare de Kientzheim, a photo a été prise juste à la libération en décembre 44.
Charles de Gaulle et Albert Lebrun
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La gare de Kientzheim et le Sherman préservé
Mais oui, ce sous-chapitre est bien ferroviaire !
Le char ci-dessus n’est pas le Sherman préservé ci-contre mais un autre américain qui est resté sur place également.
La photo est prise à l’emplacement de la gare de Kientzheim sur la ligne à voie métrique desservant Colmar-Ammerschwihr-Kientzheim-Kaysersberg-Lapoutroie.
Voici d’ailleurs l’implantation des voies de la gare de Kientzheim..
Les traits en gras représentent les limites de l'enceinte de la ville.
Le carrefour n’a pas beaucoup changé, le crucifix est toujours à la même place.
Ce char est actuellement préservé par les habitants de la commune, merci à Jean-François Baillot pour la photo !
Le tilleul est un arbre remarquable datant d’avant la révolution, il est classé lui aussi.
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Niklaus Wirth, l’orientation objet transposée au 1:87

Niklaus Emil Wirth (1934 – 2024)
« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément », écrivait en 1674, donc après les travaux de Blaise Pascal, Nicolas Boileau sieur Despréaux (1636 - 1711) dans son fameux Art poétique.
C’est au professeur d’informatique suisse Niklaus Wirth de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich que l’on doit le langage de programmation Pascal, présenté comme didactique, simple, clair et efficace et se ralliant à la notion de programmation structurée : un modèle tout trouvé pour notre démarche analytique et son message.
L’apport essentiel du langage Pascal s’inspire de la pensée du brillant philisophe analyste et sceptique Blaise Pascal (1623 – 1662).
Niklaus Wirth cherchant l’efficacité dans la programmation, démontre que l’on peut traduire en une seule passe un algorithme en un code adapté au processeur : pour se faire, il définit un autre programme que l’on dénomme un compilateur.
Photo : Niklaus Wirth en 2005, Wikipedia
La programmation structurée
La transposition en Pascal d’une réalité souhaitée en modèle de données déclarées avant tout usage, la structuration des actions qu’on nomme la programmation structurée me font penser à la notion de modèle réduit et de modélisme.
En tant que démarche vise un objectif souhaitable en tenant compte des contraintes et limites d’un modéliste donné et de production viable de modèles pour un marché donné, le modélisme ne bénéficierait-il pas d’une approche comparable ?
Confronté à la multiplicité des machines et des interfaces permettant d’exécuter des programmes, Niklaus Wirth définit le Pcode, qui est un intermédiaire entre le compilateur et la machine cible, et qui est exécutable au moyen d’un interpréteur adéquat.
Voici encore une application comparable à l’activité modéliste qui traduit en objets compréhensibles, esthétiques et fonctionnels le message du modéliste ferroviaire.
Niklaus Wirth, UrGU
L'orientation objet
Poursuivant ses travaux, Wirth définit un langage nommé Modula pour définir tout un système d’exploitation : rechercher la complétude est aussi un élément essentiel en modélisme. Dans son langage suivant, Modula-2, Wirth distingue clairement les modules symboliques et les modules système.
Il ébauche aussi une structe analytique du programme sous la forme d’objets, qui partitionnent le monde des données, représenté par des classes d’objets disjointes munies d’un modèle de structure des données associées à chaque objet, ou instance, d’une classe.
La notion d’instances se retrouve dans la conception de nos modèles, c’est ainsi par exemple que vous configurez un trainde roues Apogée Vapeur ou un appareil de voie ABCyp lors de votre commande.
La programmation vise à faire évoluer ce monde au moyen d’un algorithme, d’un état initial donné à un autre état souhaité, au moyen de procédures déclaratives et structurées nommées méthodes.
Nous tâcherons d’appliquer ce principe aussi aux modèle réduit.
L'encapsulation
Un autre concept applicable de la programmation orientée objet est l’encapsulation, pratique qui définit une donnée d’une manière vu de l’extérieur, quitte à la traiter d’une autre manière qui nous arrange mieux à l’intérieur.
Notre modèle de locomotive à vapeur vient de gagner le droit d’être entraînée par un moteur électrique, pour autant qu’on ne le voie pas !
Cet artifice est possible en modélisme grâce à la notion d’enveloppe.
La caisse d’un modèle étant peu ou prou opaque, on se donne souvent le droit d’y faire ce qui est nécessaire pour augmenter la crédibilité vu de l’extérieur et d’assurer au sein de l’enveloppe, donc d’une manière invisible de l’extérieur, des fonctions qui seraient difficiles à traiter à petite échelle de la même manière que dans l’original.
Photo : machine Lilith, Wikipedia
Et oui, c’était avant le Macintosh d’Apple Computer...
Lilith (computer)
Définir des limites
L’émotion créée en réalité par les volutes de fumée et le staccato de l’échappement peut être évoquée à l’échelle de manière plus ou moins satisfaisante avec un décodeur sonore et un générateur de fumée.
Avec les progrès de l’électronique, le son des décodeurs s’est amélioré mais pas la bande passante car les lois de similitude limitent les performances d’une enceinte acoustique aussi petite.
De même, la fumée générée par nos modèles ne me satisfait pas, peut être à cause des lois de similitude et de la nature des liquides.
L’impression de complexité et d’organisation de l’embiellage peut être représentée par des empilages de composants photogravés.
Avec un embiellage et une distribution en partie fictifs, quitte à inverser les rôles pour la bielle motrice devenue bielle tirée et poussée qui entraîne la crosse de piston, nous pouvons les rendre assez mobiles, esthétiques et fonctionnels pour transmettre l’impression souhaitée
Héritage et polymorphisme
On trouve 27 modèles d’axes sur la page dédiée de notre site mais, grâce à la programmation orientée objet, on peut déclarer que tous dérivent d’une classe unique : le guidage d’essieu.
Avec la notion d’héritage, on retrouve pour chaque axe les fonctions de localisation des bandages l’un par rapport à l’autre en respectant les normes de roulement, ainsi que la liaison de l’essieu à l’engin.
Chaque modèle d’axe est une partie de cette fonction de guidage, pas simple à séparer d’autres telles que paliers ou suspension isostatique.
Par contre, chaque classe de guidage dérivée de la principale présente des portées, un diamètre d’axe ou un mode de fixation propre.
Le guidage d’essieu comporte aussi donc la fonction de portée d’axe qui peut être réalisée par un palier, une portée conique, un clipsage ou toute autre méthode : c’est le polymorphisme.
Si l’axe et le palier sont définis comme deux classes d’objets, en appliquant la notion de polymorphisme, le guidage d’essieu monté hérite à la fois de la classe axe et de la classe palier.
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Reymond Clavel, le méthodologue transposé au 1:87

Reymond Clavel (1950 – 2025)
Après une carrière dans l’industrie de la machine à écrire, Reymond Clavel est devenu professeur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne où, entre autres, il s’est illustré en robotique industrielle par l’invention de la structure de robot parallèle Delta.
Cette structure a pulvérisé les performances des robots manipulateurs de l’époque pour le mouvement de prise et dépose caractéristique du domaine du conditionnement, parvenant à des accélérations de plus de plus de 50 g.
Aujourd’hui, c’est une population de plus de 100'000 robots Delta qui oeuvrent dans différents domaines de l’industrie, ayant découvert des applications aussi inattendues que la manipulation en nanomètres.
Avant cette invention, j’ai eu le plaisir de suivre son enseignement en méthodologie de conception où l’idée du catalogue de solutions me plaisait beaucoup et sa connaissance profonde de la microtechnique était une réelle source d’inspiration pour mon activité actuelle.
Photo EPFL
La méthodologie de conception
La conception en microtechnique, et donc en modélisme ferroviaire en particulier, se heurte aux mêmes écueils que dans tout autre domaine.
Souvent présentée sous la forme de catalogues technologiques qui enrichissent culturellement mais n’apportent pas de vision globale structurée, la conception a besoin d’esprits curieux et méthodiques.
Mettre en doute les a priori qui perpétuent des approches inefficaces, c’était autant le credo de ce chercheur infatigable que celui d’André Chapelon dont il était question au chapitre précédent.
Reymond Clavel m’a d’ailleurs donné envie de questionner sa propre méthode, en la complétant de résultats de la théorie des graphes...
On oppose souvent les approches descendantes et ascendantes, ou pour parler un bon franglais, l’analyse « top-down » et « bottom-up ».
La recherche en profondeur d’abord, satisfaisante car algorithmique, conduit bien souvent dans la vie réelle à l’explosion combinatoire.
La recherche en largeur d’abord se pratique par exemple dans votre GPS, ce qui lui permet de renoncer aux parcours sans issue ou trop coûteux en évitant l’explosion combinatoire.
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La recherche en profondeur d'abord et l'approche structurée
Nous l’avons vu en évoquant Niklaus Wirth, la programmation peut être compilée en une seule passe si le programme est totalement déclaratif, on n’utilise donc jamais une variable non définie, et structurée en suivant une logique hiérarchique.
Transposée à la conception de produits, cette approche serait parfaite si on savait d’avance comment réaliser nos modèles !
En suivant cette méthode du haut en bas de la structure hiérarchique du modèle, on risque bien de dépasser son budget sans s’en apercevoir.
Il est préférable de réserver cette approche dans les zones bien connues des modèles, par exemple si on dispose déjà de bogies de wagons, ajouter un nouveau wagon au catalogue semble atteignable mais on n’est pas à l’abri de surprises.
Si par exemple on tombe sur des boîtes d’essieu si petites que les paliers que nous utilisons habituellement n’entrent pas, il faudra en définir d’autres ou les approvisionner, voire les créer ou intégrer de nouvelles portées aux flancs des bogies.
Le coût de conception, voire de fabrication et même l’investissement nécessaires risquent fort d’être très nettement augmentés.
Concevoir, réaliser, construire : les points de vue
On fait travailler des jeunes de 12 ans sur ce genre d’images (source Scribd) pour décomposer un objet courant, le vélo.
Le concepteur aura la fonction de freinage en tête, le fabricant de cadre soudera une patte de maintien, celui de câbles de frein voudra une longueur minimale, le monteur suivra le chemin du câble, quant à l’utilisateur il ne verra probablement que la poignée.
Dès lors, la nomenclature est liée au point de vue !
Le premier intervenant est le concepteur et son travail sera efficace s’il intègre dès le départ les points de vue des intervenants suivants.
Par une recherche en largeur d’abord, il détermine la nomenclature des fonctions du câble de frein le long de son cheminement.
Ces fonctions seront assurées par différents organes du vélo dont la structure entière est déterminée par la facilité de montage par une décomposition en sous-ensembles ici connue d’avance, car elle est largement déterminée par l’usage : on associe une gaine de câble aux pattes de maintien sur le cadre par exemple.
Vu du fabricant, ces pattes intégrées au cadre par soudure disparaissent de la nomenclature de montage car on fournit le cadre monté et peint : la nomenclature d’intégration est donc différente.
SchemaVelo